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Pour une mémoire des arts vivants

Photographie Vincent d'Eaubonne


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Des arts vivants avant d'être photographe, mon projet se décline en trois points


Photographier des projets artistiques, au delà des spectacles

Au delà de la prestation scénique, je veux rendre compte de la mise en scène, de la lumière, de la scénographie, composantes essentielles de la création. Et pour aller encore plus loin, je considère les métiers techniques et administratifs, qui sont des composants à par entière de la vie d'un projet, comme tout aussi dignes d'intérêt. Dans cette optique, je privilégie les rapports humains durables et le suivi des Compagnies dans leurs parcours.

Comme un musicien connaît son instrument et un acteur son texte, faire de "bonnes" photos est le minimum syndical. Toute la différence se jouera dans la capacité à livrer une interprétation qui fera que ces photos là interpellent (ou pas !), le public et les porteurs des projets artistiques concernés. Une bonne photo, pour moi, témoigne du croisement entre l'humain et son "personnage", cette zone indécise où naît l'émotion du spectateur (et de l'artiste en scène aussi, souvent).

La photo, comme tous les langages, est un vecteur de la vie de la Cité, elles  n'est pas neutre. Photographier en contre plongée une vedette médiatisée sensée représenter un idéal fantasmatique de réussite sociale à atteindre n'est pas la même chose que témoigner à travers le plan large d'un travail collectif autour d'un projet artistique. Cette photo là a un impact moins direct, elle nécessite un effort de lecture supplémentaire. Je la défend comme je défend les projets collectifs face à l'individualisme porté par l'ultra-libéralisme.


Participer à la vie des arts vivants

Toute création artistique est un bien commun. A travers mon site, où j'expose l'essentiel de mon travail, je veux donner à voir une image de sa multiplicité .  Je veux aussi poser la question du devenir des arts vivants : "Qu'est-ce qu'on en fait, de tout cet élan créateur multiforme ?" Et c'est une question d'actualité, au vu des "politiques culturelles" nationales qui se perdent entre élitisme et faveurs aux marchands de loisirs, sur fond de restriction budgétaires populistes et idéologiques.

Je n'oublie pas les programmateurs. Par mes fonctions passées et actuelles, j'en ai rencontré un grand nombre, dont certains ont forcé mon respect pour leur acharnement à défendre la présence culturelle. Investissement personnel, choix courageux de programmations de qualité,  sens de l'éducation populaire dans la continuité des défricheurs de la décentralisation, qu'ils soient ici remerciés. Un jour, j'aimerais pouvoir faire un vrai sujet sur eux et leur métier.


Animer les lieux et les moments

Le virtuel de l'écran ne me suffit pas. J'expose mes petits et grands clichés (jusqu'à 60 X 300, je fais mes tirages moi-même) dans tous les lieux qui peuvent s'y prêter. Pas de verre ou de plastiques dessus qui déforment le regard. Le papier, les couleurs en contact direct avec l'oeil du passant....Dans les festivals, j'expose dès le lendemain de la prise de vue sur les points d'accueil, les stands, ou tout emplacement selon un aménagement décidé avec l'organisation.

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